Excellent "dréfrichage" de la part de Christine,
Grenelle de l'environnement et nouveau contrat social
Il faut peut-être (?) que certains se collent au Grenelle de
l'environnement pour informer (??); mais de quoi, me direz-vous, que nous
ne sachions déjà (???) : des réticences, divergences dont les associations
se font l'écho, des différences d'analyses, d'objectifs, des conflits
d'intérêts qui opposent les populations mondiales et, par voie de
conséquences, les Objecteurs de Croissance au pouvoir dominant, au
capitalisme et à sa forme dérégulée : le libéralisme économique ?.
En France, le gouvernement et les syndicats ouvriers ont mis un terme à la
révolution culturelle et sociale de mai 1968 par la signature conjointe
des "accords de Grenelle". Ces accords avaient pour but de mettre fin à la
contestation de la rue, c'est-à-dire à la révolte culturelle et sociale
des citoyens : étudiants et salariés. Il fallait faire rentrer au bercail
cette population (que l'on n'appelait pas encore "racaille"), dont le
pouvoir n'avait pas mesuré la capacité de révolte et d'auto-organisation.
Il fallait se plier à ce qui était signé, rationnellement,
structurellement et se soumettre à la "raison" du pouvoir dominant.
Quel symbolisme destructeur d'idéal et d'utopie que celui de reprendre la
terminologie d'accords qui ont porté les "Trente glorieuses" et leurs
cohortes de destructions humaines, sociales et écologiques!. Quel
symbolisme pour ce gouvernement, que vingt années de mondialisation
dérégulée ont porté au pouvoir, de reprendre ce vocable qui sonne le glas
des espérances!.
Le "Grenelle de l'environnement" a en charge "la création d'une quinzaine
de projets" marquant l'engagement de la France en faveur du développement
durable. En aval, une association, "Ecologie sans frontières", peu connue
si ce n'est sur la ville de Paris, propose "un" "Grenelle de
l'environnement" qu'Alain Juppé se hâte d'accepter et de promouvoir au nom
du nouveau gouvernement français. Le calendrier électoral lui étant peu
favorable, Jean Louis Borloo reprend le flambeau.
Alors que Sarkozy s'entretient "politiquement correct" avec
Schwarzenegger, au sujet des défis climatiques, Jean Louis Borloo émet le
souhait qu'Al Gore participe au Grenelle, en octobre. Si le problème
"sensible" du nucléaire n'avait pas permis, à certains, de comprendre que
ce second Grenelle signifiait l'enterrement de l'écologie comme
contre-pouvoir indépendant, l'ouverture vers ces deux écologistes
américains circonscrivaient les limites acceptables.
Les divergences "sensibles" ne se limitent pas au nucléaire; citons, sans
ordre de priorité arbitraire : les OGM, la réduction des émissions de gaz
à effet de serre, les polluants organiques persistants, la souveraineté
alimentaire, le droit de chaque peuple à disposer librement de ses
ressources naturelles (eau, terres arables, forêts...) et pour nous,
Objecteurs de croissance, la soumission à la sacro-sainte croissance.
La participation au Grenelle de l'environnement donne du crédit à ce
gouvernement phagocyte et constitue, non seulement le risque
de perte de crédibilité des associations qui y engagent, bien inutilement
leur énergie et leur légitimité, mais aussi et surtout, signifie la
soumission de l'écologie aux thèses du développement durable. Ce choix ne
peut mener qu'à des désillusions, à une perte de repères et au maintien de
la population dans une attitude schizophrénique.
Existe-t-il une force pour s'opposer à ce mariage contre nature ?
Des millions de citoyens sur la planète s'opposent à la mondialisation
capitaliste. Ils constituent un contre pouvoir dont l'organisation est en
gestation. Il faut préserver cette force et ne pas l'assujettir à un
gouvernement national qui n'a d'autre but que de la circonscrire et de
l'étouffer sur son territoire.
Les Objecteurs de croissance n'ont pas pour objectif d'accompagner le
capitalisme et son corollaire, le développement durable.
Ils souhaitent participer au contre-Grenelle qui posera les véritables
enjeux et les solutions vers lesquelles les populations peuvent se tourner
: abandon de tout nouveau projet de construction de réacteur nucléaire
civil, abandon de la force de frappe nucléaire, moratoire sur les OGM,
souveraineté alimentaire, accès aux biens et droits fondamentaux (eau,
santé, liberté d'opinion...) pour tous, débat-citoyen sur les
nanotechnologies et les chimères animal-humain, relocalisation de
l'économie et de la production, alternatives...
D'autres mondes sont possibles